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Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg

Publié le par Jean Helfer

Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg
Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg
Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg
Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg
Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg
Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg
Françoise "Béatrice" Pancrazzi : La Deuxième épouse de Serge Gainsbourg

Serge et Béatrice, femme d’une grande beauté, se marient en 1964. Elle est divorcée de Georges Galitzine, d'où son surnom de Princesse Galitzine. Elle apporte à Serge le confort d'une vie cossue, un appartement rue Tronchet. Seul souci : elle est maladivement jalouse, d'un caractère emporté et a déjà tenté de se suicider parce que Serge voulait la quitter. Ils ont eu une fille, Natacha, puis Paul, dit Vania, né en 1967 après leur divorce prononcé en 1966... Serge : "Avant le mariage on avait vécu à la colle et tout baignait : après, les choses ont commencé à virer au vinaigre : elle n’acceptait pas ce métier de rencontres…"

La deuxième épouse de Serge Gainsbourg Françoise Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, est  née à Bône en Algérie, le 28 juillet 1931
La deuxième épouse de Serge Gainsbourg Françoise Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, est  née à Bône en Algérie, le 28 juillet 1931
La deuxième épouse de Serge Gainsbourg Françoise Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, est  née à Bône en Algérie, le 28 juillet 1931
La deuxième épouse de Serge Gainsbourg Françoise Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, est  née à Bône en Algérie, le 28 juillet 1931
La deuxième épouse de Serge Gainsbourg Françoise Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, est  née à Bône en Algérie, le 28 juillet 1931

La deuxième épouse de Serge Gainsbourg Françoise Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice, est née à Bône en Algérie, le 28 juillet 1931

Par ailleurs, début 1958, Serge, qui a déjà été marié à Élisabeth Levitsky de 1951 à 1957, fait la connaissance de Françoise Pancrazzi et tombe éperdument amoureux d’elle. Il s’installe chez elle, près de la place de l’Étoile. Il l’épouse en janvier 1964, et une fille, Natacha, leur naît le 7 août. Deux ans plus tard, ils divorcent, avant de se réunir à la fin 1966, pour se quitter définitivement au printemps 1968, juste après l’arrivée d’un deuxième enfant, Paul. « Le temps ronge l’amour comme l’acide », avait écrit Gainsbourg. Serge ne parlera jamais en public de Françoise et de leurs deux enfants. Pendant plus de vingt ans, il aura choisi de les faire demeurer dans l’ombre.

Bertrand Dicale, Gréco. Les vies d’une chanteuse, J.-C. Lattès, 2001.

PAUL & NATASHA

PAUL & NATASHA

Pour la seconde fois Serge se marie !

Pour la seconde fois Serge se marie, avec une femme très belle, Françoise Antoinette Pancrazzi, dite Béatrice (elle déteste son prénom, comme Lucien-Serge). La cérémonie se déroule en très petit comité, le 7 janvier 1964 en fin d’après-midi, à la mairie du 8 arrondissement de Paris.

Née à Bône, en Algérie, le 28 juillet 1931 (elle a donc trente-deux ans, il en a trente-cinq), Béatrice est la fille de Robert Pancrazzi, un industriel, et est divorcée de Georges Galitzine, d’où son surnom de «princesse Galitzine ».

Les témoins se nomment Claude Dejacques (pour lui) et Yvonne Barrois (pour elle). A la sortie de la mairie, Serge et Béatrice, vêtue d’un tailleur prune et d’un vison, posent pour les reporters-photographes et une équipe du Journal télévisé.

Serge, on l’a vu, a toujours été épaté par les belles bourgeoises : il les admirait, étant enfant, lors des concours d’élégance dans les stations balnéaires. Il les séduisait, notamment au Touquet, à son époque pianiste de bar. Il avait été fasciné par la classe et le snobisme de Michèle Arnaud, sa première interprète. Il était très fier d avoir conquis le cœur de Sylvie Rivet, sa très élégante attachée de presse.

Avec Béatrice, il est servi : elle est issue de la haute bourgeoisie et sa famille a fait fortune dans le foncier. Aux antipodes de sa première femme Élisabeth, avec qui il ne connut que la vie de bohème, Béatrice lui propose le confort d une vie cossue et d’un appartement de standing derrière la Madeleine, au 12, rue Tronchet, dans le 8. Même s’il faut pour cela supporter son caractère extrême : n’avait-elle pas tenté de se suicider quelque temps auparavant et pas pour rire, on l’avait sauvée in extremis lorsque Serge l’avait quittée?

Joseph Ginsburg :

«Lucien dit : “On s’entend bien, j’ai assez couru les filles.” Béatrice flatte son amour-propre, elle présente bien, elle s’habille avec chic et elle l’aime évidemment »

A un journaliste qui lui demande à l’époque: « Quelles qualités exigez-vous d’une femme? », Serge répond comme un macho : «D’ être belle, c’est tout.» Dans ses lettres, c’est clair, Joseph ne montre aucun enthousiasme pour ce mariage décidé à la hâte, même si Serge et Béatrice se connaissent depuis un moment (sans doute sait elle déjà qu’elle est enceinte : Natacha, leur fille, naîtra début août 1964, soit sept mois plus tard).

Olia partage ses doutes. D’ailleurs, les parents de Serge ne sont pas invites a la mairie. En revanche, un, diner a lieu dans un resto de la rue Saint-Séverin, auquel sont conviés les témoins, les parents de Serge et sa sœur Jacqueline.

En chemin, une dispute éclate à cause d’un coup de fil malencontreux au moment précis où les nouveaux conjoints passent par l’ appartement de la rue Tronchet.

Gainsbourg :

«Avant le mariage on avait vécu a la colle et tout baignait : après, les choses ont commencé à virer au vinaigre : elle n’ acceptait pas ce métier de rencontres, même d’innocentes gamines comme France Gall. Ca a commencé le jour du mariage. En revenant de la mairie, je reçois un coup de fil d’une petite fanatique’: J avais rien fait de mal! Elle se met en fureur et j ai senti que c’était comme si j’avais des menottes : Ça y est, je suis foutu. J ai tout de suite pige que ça allait tourner au cauchemar… En tout cas, j‘avais eu raison d’ organiser le dîner de noces dans un restaurant russe : il s’est déroulé dans une atmosphère sibérienne.»

Rétrospectivement, on sait ce qui s’est passé: Serge a mis le doigt dans un engrenage infernal. Séduit par cette femme qui, par amour pour lui, rompt avec son milieu, il ne s’aperçoit pas tout de suite que sa «fatale attraction» l’a jeté dans les bras d’une tigresse.

Juliette Gréco:

«Un jour, sa femme fait irruption alors qu’il était venu travailler chez moi. Elle était magnifique mais ses yeux étaient de braise. Il fallait voir Gainsbourg poursuivi par cette panthère absolument meurtrière, prête à révolvériser tout le monde. C’était dramatique! Notez, je comprends que l’on soit jalouse à propos d’un tel homme…».

Sophie Makhno: « Georges Meyerstein m’avait demandé de m’occuper de Gainsbourg, quelques mois plus tôt. Il m’a dit: “Je vous ai pris un rendez-vous avec lui, j’envoie mon chauffeur, il vous déposera chez Serge, avenue Bugeaud.” Je demande pourquoi avenue Bugeaud et pas rue Tronchet où il habitait. Il me répond : “Il préfère vous voir chez son père.” J’arrive et je vois Gainsbourg en train de tourner autour du piano avec un air de ne pas savoir ce qu’il voulait. Il m’explique: « Ma femme ne supporte pas qu une autre femme vienne chez moi. Généralement ça se passe très mal et se termine en drame.”»

Serge et Béatrice s’envolent au Maroc pour leur voyage de noces. Au retour, il entame la promo de l’album Confidentiel, un album dont il attendait tant mais dont les ventes ne vont pas dépasser les 1 500 exemplaires.

Dans Télé-Revue on lit pourtant cette critique dithyrambique:

« Il est beaucoup trop confidentiel encore ce Serge Gainsbourg en ce sens qu’il n’a assurément pas la place qu’il mérite. Il est vrai qu’actuellement, dans la chanson, être aux premières places équivaut à un brevet d’incapacité notoire, d’insignifiance totale, d’inconscience absolue […] Son nom est un eldorado ou des enfants brillants comme des insectes jouent avec des mots volants. Il est l’alchimiste de combinaisons futées mais moins futiles qu’il n’y paraît de prime abord. […] Il est incontestablement l’auteur-compositeur le plus original de sa génération. Son œuvre est déjà un témoignage; demain, elle sera assurément beaucoup plus que ça. »

Le 7 février, il reçoit chez ses parents Philippe Koechlin, rédacteur en chef du mensuel Jazz Hot, futur créateur de Rock & Folk, qui fait des piges pour de nom breux autres canards, en particulier France-Observateur et, en l’occurrence, pour Musica, un magazine plus confidentiel, justement. Au final, une interview exceptionnelle, publiée dans le numéro d’avril, dont voici les: meilleurs passages.

Philippe Koechlin : Quel personnage pensez-vous incarner à travers vos chansons?

Serge Gainsbourg : Sûrement pas un héros populaire. J’évolue dans des alcôves bêcheuses. Je ne fais pas la chanson qui rase les murailles sur des trottoirs suintants. […]

P.K. : Vous n’êtes pas ennuyé de faire une chanson réservée à une certaine élite?

S.G. : Je n’en ai pas conscience. Si je n’ai pas un gros public, ça ne veut pas dire que je m adresse a une élite. Je ne sais pas qui aime mes chansons. Il y a un fait certain, c’est que j‘ai acquis une certaine notoriété en tant qu’auteur. […]

P.K. : Y a-t-il des chanteurs français que vous appréciez?

S.G. : Non, ils pleurent tous, ils manquent de virilité, ils veulent donner à la midinette l’impression qu’elle pourrait les consoler. Moi, j’envoie paître la midinette. Je n’aime pas la chanson.

P.K. : Que voudriez-vous faire, alors?

S.G. : La chanson me conduira à écrire, à la comédie musicale. Admettons que j’aie des aspirations qui sont toujours au-dessus des réalités du moment. Je ne me vois pas a cinquante ans sur les planches. La chanson, pour l’instant, comme l’a été la peinture, est pour moi une manière de vivre en marge de la société.

Des aspirations au-dessus des réalités! Vivre en marge de la société! Sa sincérité est bouleversante et résume idéalement sa réflexion sur le métier d’ auteur-compositeur en ce point précis de sa carrière, c’est-à-dire au moment où il compose «N’écoute pas les idoles» pour sa nouvelle cliente France Gall, celle qui va, sans le savoir, lui sauver la vie.

http://www.mistergainsbarre.com/

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